l’héritage d’Alfred

Alfred Hitchcock
 
Bien triste nouvelle à Hollywood. Construite en 1959, l'inquiétante demeure de l'un des plus grands films d'Alfred Hichtcock risque d’être détruite. En effet, la célèbre maison de Norman Bates est en très mauvais état. Aucun entretien n’a été fait, pour la préserver. Un comble, pour qui « Psychose » fut une mine d’or pour les Studios Universal.
 
Psychose, œuvre phare du cinéma américain, est devenue un film culte dans le monde entier et a inspiré des générations de réalisateurs tels que Brian De Palma, John Carpenter ou Robert Zemeckis.
 
Il est assez facile de faire des éloges sur un film qui a tant été acclamé par sa magistrale réalisation. A l’époque qui aurait pu penser qu’un film de vol et de meurtre devienne une merveille pleine de trouvailles visuelles et qu’on en entende parler jusqu’à aujourd’hui.
Hitchcock a développé un film d’une rare homogénéité dont tous les éléments (récit, personnages, décors, musique et figures) s’organisent autour d’une même réflexion sur la nature de l’homme et la condition qui lui est faite. 
 
Plongé dans une histoire policière qui semble classique, il nous conduit dans les abîmes de l’âme humaine, plaçant ainsi son film sous le signe de l’ambivalence, l’opposition.
La dualité est au cœur de Psychose à en juger par sa structure : double récit (l’histoire de Marion à laquelle succède celle de Norman), double personnalité des deux personnages principaux (Marion est une employée avant de transgresser la loi / Norman semble le fils modèle avant de révéler sa face cachée), double dimension du décor (un regard caméra « aérien » au début du film aux bas-fonds du marais final) renforcé par le double thème musical de Bernard Hermann (un premier tempo lent, grave, hésitant alternant avec un second mouvement qui monte dans les aigus).
Le film est servi par de merveilleux interprètes : Anthony Perkins et Janet Leigh. Mais la merveille du film c’est Hitchcock, l’homme qui a le culot de tuer son héroïne en plein milieu du film. Il orchestre visuellement une véritable descente aux enfers de l’âme humaine et propose une vision pessimiste de la condition humaine : se débattant vainement pour réaliser ses désirs, se heurtant à ses propres limites et aux interdits de la société, l’être humain, dans Psychose, s’enferme dans une prison qu’il se bâtit lui-même et dont il ne prend conscience que trop tard, comme le montre l’image qui substitue au visage de Norman. 
 
Au final, il arrive à donner une dimension incroyable grâce aux dispositions des caméras intelligemment placées, à un montage simple mais efficace… On en découvre ainsi un film enchaînant émotion, frayeur et coup de théâtre sans jamais laisser le temps de faire le point sur ce qui se passe à l’écran et qui nous emporte à travers les deux vies de Marion et Norman.   
 
« Psychose » fait partie des monuments du cinéma américain. Il est important de préserver cet héritage que Sir Alfred Hitchcock nous a légué. La maison de Norman Bates est essentiel dans le paysage Hollywoodien au même titre que les grands monuments nationaux. La honteuse fermeture des studios de la Cinecitta ne suffit- elle pas ?
 
 
photo: Universal
 
Christopher Poulain
 
extrait du film Psychose

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