Jonze, l'amoureux

joaquin phoenix sur le set
her - joaquin phoenix
 
Les films de Spike Jonze ont toujours eu cette particularité d’être hors norme.
Ils sont fantaisistes et s’apparentent toujours à la vie quotidienne sans pour autant trouver un semblant de réalisme à cet univers. Les sujets qu’ils traitent nous touchent tellement dans tous les sens du terme, autant dans dans la tête de John Malkovich, Adaptation que Max et les maximonstres.
Spike Jonze aime la vie et les êtres qui en profitent, il  y a de la chaleur humaine dans chacun de ses films. Il y a de l’amour dans chaque cadrage, chaque mouvement.
 
Dans son dernier long métrage, HER, il s’attaque à une histoire qui reflète déjà les inspirations du cinéaste.
L’histoire d’une jeune homme ne voulant pas voir la réalité des choses (Son épouse Catherine et lui ont rompu depuis plusieurs mois.) se réconforte avec un système d'exploitation, auquel il donne une voix féminine (pour  combler le manque de son amour perdu) jusqu’à s’éprendre de cette intelligence artificielle évolutive. Etrange que cela puisse être, le film est un hymne à l’amour . Mais cet amour est universel. Il s’adresse à chacun de nous. Le fait de donner de la profondeur au personnage confirme ses dires.
Après Max et les maxi monstres, Jonze semble mettre une parenthèse sur sa jeunesse et laisser le grand enfant qu’il est, dans le reflet de Max. Un nouveau Jonze se dévoile, un Jonze très mature traitant d’un sujet dit grave…
La rupture est une douloureuse mise en forme.  Le fait de rester crédible est assez complexe car il est assez facile de tomber dans la caricature. On pourrait se laisser tenter à une mise en scène plutôt guimauve et d’une lourdeur que nombreux cinéastes seraient tenter d’appliquer par facilité. Mais Spike Jonze exploite de façon intelligente l’étoffe de son personnage Théodore (Joaquin Phoenix) qui amène un plus.
Le film est en tout cas incroyable pour cette chaleur de sentiments, cette humanité que dégage chacun des protagonistes de l’histoire.
Connaissant l’exigence d’un tel réalisateur, la partie technique suit le cours des choses. Jamais, n’avions vu un travail aussi délicat sur la mise en forme des couleurs de l’image.  Hoyte Van Hoytema avait déjà fort été salué par son travail admirable dans The Fighter et La Taupe mais là, c’est une œuvre à part entière. En plus de l’image à plébisciter, les décors, les costumes, les effets visuels sont d’une richesse époustouflante.
Egalement, ce casting est incomparable à aucun autre film. Joaquin Phoenix n’a jamais été aussi émouvant depuis Two Lovers. Il donne de la poésie dans chacun de ses gestes, de ses regards.  Accompagné d’apparitions, un petit rôle dans les mains de Jonze devient un rôle aussi important que celui du personnage principal. Prenons Amy Adams, admirable soit-elle, n’aura–t-on vu une interprétation aussi touchante et réaliste que dans ce long-métrage. Elle est vraiment magnifique et les mots sont légers. Et que dire de l’interprétation vocale de Scarlett Johansson…
Mais croyez ou non, chaque rôle a une importance primordiale dans la quête de Théodore.
Arcade Fire, l’un des groupes de rock le plus tendance du moment, est la petite cerise sur le gâteau offrant à Spike Jonze, un score des plus originales et riches... Un Film magnifique profond et sincère, poétique et miraculeux.
 
photos: Warner Bros
 
Christopher Poulain
 
 
 
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