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illustration Jerome Delesne
 
BORBOTRUC. N.M. «Qu’est-ce qu’un Borbotruc ? ». – Et bien, c’est un évènement autour de Borborygmes ! « Et…, un nom pareil ne peut pas désigner autre chose? ». – Non ! Un borbotruc, ça ne peut être qu’autour de Borborygmes ! (essai de définition d’un  borbogens de longue date). 
Plus précisément, il s’agit de la manifestation autour de la revue Borborygmes, réputé semestriel le plus petit du monde, dont les adieux ont rencontré le succès escompté à l’Effronté (XI arr.), le vendredi 07 mars. 
 
La salle est comble. Ce qui, d’ordinaire, est plutôt bon signe. Pourtant, nous n’aimons pas les mauvaises nouvelles, c’est peu dire, mais nous avons encore la capacité de nous réjouir en toutes circonstances. Les amis de Borborygmes l’ont bien compris malgré ce borbotruc d’adieu et ont décidé de se faire passer le mot pour la soirée. Surtout que l’évènement ne se prête pas à la morosité. Un temps imparti à revivre toujours le même borbotruc, et avec le même plaisir, selon les initiés. « Il n’y aucune différence avec les autres borbotrucs. On est juste plus nombreux pour l’occasion», me confiera à ce sujet un ami de la revue. L’occasion ? La lecture donnée par Michela Orio, Guillaume Cesbert, Muriel Chamak et Maria Fonzino, autour de la parution du vingt-quatrième et dernier numéro de Borborygmes. Une revue qui n’a jamais cessé de paraître en huit ans, d’organiser des borbotrucs, de se rendre dans les salons…, une revue à la ligne éditoriale ouverte et exigeante, constituée de « textes obscurs » -autant de poèmes, de nouvelles, d’extraits de romans… On y trouve de tous les styles. Pour la musique, Bertrand Ravalard avec Jonathan Jolin, Laurent Pascal et Lionel Mendousse, accompagnent des textes comme Parfois je pense aux électrons qui composent ton corps, L’homme du futur, Jours…, lus sur un ton très libre. Ce soir, leurs improvisations emportent la récitation jusqu’à l’insolite et contribuent à produire l’effet d’un dernier borbotruc proche d’un récital de l’absurde. Pas du tout morose pour un adieu, bien au contraire… 
 
…Jardin japonais.
 Entre les joncs, un germe de gitane. 
Derrière les joncs, jaune comme un judas, un jardinier jaloux. 
                         
                         Nuit … (1)
 
 
 
De la musique, donc ! L’énergie du collectif est catalysée par l’excentrique quatuor mené par le pianiste Bertrand Ravalard. Ainsi, ne pas s’étonner que le musicien évoque volontiers l’idée d’un dialogue « à contrepoint », «soit pour être dans l’accord », « soit pour brusquer » et « rendre plus dynamique un programme de lecture qu’équilibre le choix de la qualité » (2). Bien évidemment, la mise en scène rend compte de la circonstance de manière un tant soit peu ironique : les lecteurs tournent autour d’une pile de revue qu’ils dépouillent peu à peu, à gestes retenus, poétiques, et qu’ils dépècent, textes par textes, lentement… pour faire durer le plaisir de cette ultime soirée. Sans doute, fallait-il donner à ce borbotruc un semblant de gravité sans, pour autant, se laisser aller à porter le masque… Du reste, comment auraient-ils pu ? Car, à n’en pas douter, les inspirations de la revue se trouvent ailleurs. Je veux citer les dernières parutions qui rendent compte de l’esprit de Borborygmes, particulièrement les poésies au lyrisme naïf, les nouvelles au registre humoristique ou parodique.... Un borbotruc à l’image d’un borborygme, d’où la revue du même nom. Selon Michela Orio, initiatrice du projet avec Julien Derôme, le « borborygme, en plus d’être le bruit dans le ventre, c’est ce que l’on ne peut pas retenir. Ce sont des textes que l’on a envie de dire et de défendre ». « L’idée aussi, c’est qu’un borborygme, c’est quelque chose de pas bien défini. Ce que fait un bébé avant de parler, c’est un borborygme. C’est aussi le moyen de pas trop se prendre au sérieux». Je pense alors à l’entête du dernier numéro et je souris: Au revoir et merci pour le poisson ! Bien que Michela Orio avoue d’elle-même : « Ne pas se prendre au sérieux, ne veut pas dire qu’on n’a pas fait les choses sérieusement ! ». Nostalgique, peut-être ? «Non, parce que dans notre borbotruc on retrouve quelque chose des borbotrucs d’avant. On retrouve l’émotion qu’il y avait tout au début». Alors, pourquoi cesser de paraître, surtout si le borbotruc  de ce soir, à l’inverse, rend compte d’une étonnante vitalité ? La situation peut paraître surprenante. Michela Orio parle avant tout d’une sorte de « routine » mais ne se montre pas du tout pessimiste sur l’avenir de son activité : il pourrait s’agir d’une pause, « afin de se poser les questions d’une autre manière. Peut-être de monter d’autres projets et de retourner vers l’édition». A l’instar d’une revue qui a su évoluer au cours du temps et s’adapter aux enjeux de la parution : « La revue a été créée il y a un peu plus de huit ans. D’abord, c’était un trimestriel. Après, on est passé à un semestriel, ce qui nous permettait d’avoir des nouvelles plus longues parce que c’est un petit format.». A ce sujet, Borborygme se vante d’être la revue la plus petite du monde. Est-ce bien vrai ? « Ah ce qu’on dit ! Personne n’est venu le démentir ! ». (3) 
Déjà, Borborygmes a fait paraître en tant qu’éditeur un recueil de poèmes (ed. Quelques Mots), L’Astre métis, d’Arthur Bidegain, accompagné de gravures de David Clerc, fort d’un succès immédiat qui a épuisé le premier tirage (existe aussi en coffret tiré à part, enrichi d’une gravure originale). 
 
 
Pour en savoir plus: 
 
 
(1)Extrait de Jours, d’Elisabeth Rossé, numéro 23 de la revue Borborygmes.
(2), (3) Propos recueillis par Mehdi Belhouaïchat.
 
 
 
Mehdi Belhouaïchat

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